Honneur au vainqueur

Vous vous souvenez dans un des films «Le Parrain», excusez-moi, je ne me souviens plus duquel, le 1 ou le 2, Don Corleone dit à son fils, celui qui viendra te proposer une réunion pour mettre fin à cette guerre sera le traître dont il faudra te méfier, il te tendra un piège.
Des pièges il y en eut. Et, plus les Farc s’affaiblissaient, plus on demandait à Uribe de bien vouloir négocier avec le perdant, lequel curieusement, devait imposer les conditions de sa reddition.
Plus les Farc s’affaiblissaient et plus les bonnes volontés naissaient à droite ou à gauche pour, dans un élan généreux, essayer d’emporter le gros lot au nez et à la barbe de celui qui depuis 6 ans essayait de mettre fin au narcoterrorisme dans son pays et ainsi le déstabiliser.
À part la France, celle de Chirac et de De Villepin, tout le monde s’est foutu joyeusement du sort des otages colombiens tant que les Farc avaient la main mise sur une partie du pays. Longtemps, ils furent seuls.
On peut aussi comprendre que les familles et les comités de soutien n’aient pas apprécié l’intransigeance de Monsieur Uribe. Jusqu’où ne va-t-on pas pour un enfant, un parent ou bien pour ses amis ? On comprend mal que cette consternation ait été entretenue par une frange de politiques colombiens et les Présidents voisins.
Mais aujourd’hui, c’est l’État colombien, renforcé dans ses institutions et sa crédibilité qui appelle les Farc à négocier. Et, comme c’est naturel, c’est au vainqueur de fixer ses conditions et non l’inverse.
Il reste deux ans de mandat à Uribe, c’est suffisant. Il lui faudra en même temps régler le problème des paramilitaires toujours présents, influents et néfastes.
On ne peut qu’espérer qu’il n’aura pas la sotte idée de se représenter et donner ainsi un coup de canif aux institutions de son pays, institutions qu’il vient aujourd’hui de renforcer sérieusement.
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